Les notions abordées dans cette fiche dépassent celles qui sont vues au secondaire. Il s'agit ici d'un complément pour ceux qui sont curieux d'en savoir plus.
Au 3e siècle, un peuple s’établit sur les rives d’un long fleuve indien, le Gange. On appelle ce peuple les Gupta. Sousl’Empire Gupta, l’Inde connaîtra un essor économique, culturel et scientifique de plus d’une centaine d’années sans connaître d’importants conflits armés. Peu à peu, la communauté s’étendra sur tout le nord de l’Inde entre le fleuve de l’Indus et du Gange.

Le Gange
Le nom Gupta est simplement la terminaison du nom de famille des empereurs qui se succédèrent en Inde à partir du 3e siècle. On appelle les empereurs indiens des mahârâjâ.
Le premier mahârâjâ était un chef de guerre impitoyable qui s’appelait Chandragupta. Il accéda au pouvoir par la force et contrôla toute la vallée du Gange. Plus tard, son fils Samudragupta lui succéda et devint le plus puissant mahârâjâ que l’Inde ait connu.
Samudragupta aimait son peuple, il était tout à fait à l’opposé de son père qui lui, semblait dur et sans pitié. Samudragupta se voulait un empereur bon et juste. Il s’intéressait au quotidien des gens, à leur vie, à leurs difficultés, etc. Le peuple lui rendait bien, et l’empereur des Gupta n’eut aucune difficulté à rassembler des hommes pour former une grande armée et à conquérir, région après région, tout le nord de l’Inde.

Empire gupta
Lorsque Samudragupta s’emparait d’un nouveau territoire, il ne détruisait pas systématiquement la région : il offrait au roi de se soumettre à son autorité et de joindre l’Empire Gupta. Les régions devenaient donc des provinces de L’Empire. Le mahârâjâ permettait aux habitants de chaque province de continuer à vivre selon leurs coutumes et leurs croyances respectives. Samudragupta usait de clémence avec son peuple et seuls ceux qui se trouvaient sur les terres royales payaient un impôt sur les récoltes. Quoique très nombreux, on ne recensait pas les individus, c'est-à-dire qu’il n’y avait pas de décompte officiel de la population.

Samudragupta
Le mahârâjâ était évidemment le chef suprême et régnait sur son peuple sans partage. Par contre, il comprit qu’une bonne organisation sociale était gage de prospérité. Il se faisait donc aider d’un premier ministre qu’il attitrait à l’organisation de l’administration. Le premier ministre avait sous ses ordres, une demi-douzaine d’officiers impériaux. Ces officiers ou princes de sang royal, gouvernaient chacun une province de l’Empire. Et chaque province se subdivisait à son tour en district, gérés par des commissionnaires. Le mahârâjâ déléguait une partie de ses pouvoirs d’administration, c'est-à-dire qu’il laissait beaucoup d’autonomie à ses provinces, un peu comme un gouvernement aujourd’hui qui laisse au maire de la ville une liberté de gérer le fonctionnement des quartiers de la ville.

L'Administration sous les Gupta
L’écriture utilisée sous l’Empire gupta fut créée au 4e siècle et s’inspire du Sanskrit, une écriture utilisée en Inde dans l’enseignement et dans la religion en tant que langue de culte. Le Sanskrit entre dans la famille des langues indo-européennes puisque son écriture s’apparente aux écritures perse et latine. Seuls les prêtres et les gens cultivés savaient l’écrire. Par contre, cette langue a été transmise d’une génération à l’autre de manière orale : elle était chantée et mémorisée dans les textes sacrés.
L’écriture gupta est tracée comme notre écriture latine, c'est-à-dire de gauche à droite et de manière horizontale. Cette écriture a perduré jusqu’au 10e siècle.
La dynastie gupta, en réalisant l’unification de l’Inde, favorisa les échanges culturels et commerciaux entre les régions. Ce peuple sera reconnu pour sa grande clémence, son pacifisme et sa maîtrise de l’art.
Cette longue période de paix en Inde s’étalant sur plus de cent ans (entre le 4e et le 6e siècle de notre ère) favorisa entre autres les avancées scientifiques : les Gupta ont inventé les nombres décimaux, ils ont inventé un système mathématique à base du zéro, ils ont réussi à trouver une méthode pour extraire le sucre de la canne entre autres choses. Leur grande curiosité et leur ouverture sur les autres civilisations ont permi d’adopter les idées et découvertes de différents peuples et civilisations, tels les Grecs, les Égyptiens ou encore les Romains.
Par contre, ces découvertes scientifiques et nouvelles façons de procéder se heurtaient au traditionalisme prôné par les prêtres indiens (les brahmanes). Ceux-ci jugeaient que la vérité provenait strictement des textes sacrés.
L’art sous l’Empire gupta détonne de l’art pratiqué dans d’autres civilisations par la douceur et la sérénité des personnages. Les sculptures, statuettes et autres peintures sont habituellement très détaillées: les formes sont soulignées et mises en évidence. L’art gupta traduit toute la douceur et la tolérance de son peuple.
Durant cette période, l’art gupta repoussa les frontières du raffinement et du détail, que ce soit dans la littérature, dans la sculpture ou au théâtre. Une des villes qui participera à l’essor de l’art et du développement culturel en Inde se nomme Ujjain. Cette ville est l’une des sept villes sacrées de l’hindouisme. L’époque des Gupta a vu se côtoyer trois religions majeures: l’hindouisme, le jaïnisme et le bouddhisme.
L’hindouisme est une des plus vieilles religions du monde. Elle est originaire du nord de l’Inde et on fait remonter ses débuts à environ 2500 av. J.-C. L’hindouisme est davantage une façon de vivre et de penser qu’une religion dans laquelle il y a un rapport de l’homme au divin.
Malgré une bonne préparation face aux peuples étrangers qui tentaient d’envahir le nord de l’Inde (comme les Huns), l’Empire gupta connut des difficultés à contenir et à défendre toutes ses provinces. Au 5e siècle, les révoltes de plus en plus nombreuses et importantes des provinces décimèrent l’Empire. Une à une, les provinces déclarèrent leur indépendance. En 475, les Huns (peuple venu du nord de l’Asie centrale) envahirent l’Inde et mirent fin définitivement à l’Empire gupta.
Le développement des connaissances est important dans l'Empire gupta. L'université de Nālandā fut fondée au 5e siècle. Elle était fréquentée par plus de 10000 étudiants jusqu'au 12e siècle. On y enseignait le bouddhisme et l'hindouisme, mais également les sciences (chimie, physique, médecine, astronomie). Des gens de partout en Asie venaient y étudier.
Ce poème imposant date de plus de 2000 ans et relate les origines du monde. On y trouve également l'ensemble des valeurs du monde hindou. Considéré comme le plus grand poème jamais écrit, il est l'un des poèmes fondateurs de l'hindouisme.