Les notions abordées dans cette fiche dépassent celles qui sont vues au secondaire. Il s'agit ici d'un complément pour ceux qui sont curieux d'en savoir plus.
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<html><body><p>L’art au <strong>Moyen Âge </strong>s’est principalement exprimé par l’architecture. C’est pendant cette période que les architectes ont fait progresser les normes de construction, permettant ainsi d'édifier des constructions plus grandes, plus lourdes et plus solides. La progression de ces constructions est attribuable au contexte de paix et à la grande abondance agricole apportée par le <a href="/fr/eleves/bv/histoire/l-organisation-sociale-et-les-technologies-medie-h1038#organisation">régime féodal</a>.<br>
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Concrètement, deux courants se sont succédés pendant cette période. Dès le <span class="text-highlight--primary">10</span><sup class="text-highlight--primary">e</sup><span class="text-highlight--primary"> siècle</span>, <strong>l’art roman</strong> s’est développé. Les principes architecturaux ont dominé les nouvelles constructions jusqu’au <span class="text-highlight--primary">12</span><sup class="text-highlight--primary">e</sup><span class="text-highlight--primary"> siècle</span>. C’est à ce moment que <a href="/fr/eleves/bv/histoire/l-art-gothique-notions-avancees-h1285">l’art gothique</a> a graduellement pris la place du roman. Toutefois, l’art gothique n’a pas remplacé l’art roman du jour au lendemain, ces deux genres se sont côtoyés pendant plusieurs décennies.</p>
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L’art roman est à la fois un style architectural, pictural et décoratif. Les décorations (peintures, sculptures) de l’art roman sont directement liées à l’architecture puisqu’elles s’y intègrent. Les influences de l’art roman sont nombreuses : ce courant puise son style et ses idées dans la Renaissance carolingienne, dans l'Antiquité, dans l'Empire byzantin, chez les Orientaux et les Celtes.
Originaire de l’Italie du Nord, l’art roman est né en 1000. C’est à cette époque qu’ont été construites les premières églises romanes. Ces dernières étaient caractérisées par leur forme de navire renversé. Cette forme a d'ailleurs inspiré l'appellation de nef , désignant la partie principale de l’église. Celle-ci constitue la section de l’église qui se trouve entre la façade et le chœur.

Le plafond d’une nef romane : l'église Notre-Dame-la-Grande à Poitiers
Peu à peu, le style roman s’est répandu dans toute l’Europe. À cette époque, plusieurs églises avaient été détruites au cours des invasions barbares ou par des incendies. C’est pour cette raison qu’une vaste entreprise de reconstruction a eu lieu et les architectes en ont profité pour améliorer les méthodes de construction ainsi que les matériaux.
Les constructions en pierre ont graduellement remplacé celles en bois, plus sensibles aux incendies. Les grands édifices religieux tels que les abbayes, les monastères et les églises sont pratiquement les seules constructions à arborer l'architecture romane.

Une église typique de l’architecture romane : Église de Notre-Dame du port de Clermont
L’art était alors au service de la religion et de la foi de sorte que la plupart des édifices romans se caractérisent par la rigueur et l’austérité architecturale.

La voûte de pierres de l’église de Saint-Étienne de Nevers
La forme extérieure est massive, élaborée à l’aide de grandes voutes de pierre. La hauteur des constructions demeure somme toute limitée. Toutes les ouvertures sur les murs ont une forme arrondie, les clochers sont généralement carrés (ou en forme de polygone) et peu pointus. Les murs sont agrémentés de nombreuses sculptures et peintures.

Le clocher carré de l’église de Saint Lazare d’Autun
Les murs sont complétés par des contreforts. Ces derniers sont en fait des blocs posés en saillie sur les murs extérieurs. Ils servent au soutien de la structure.

Les contreforts de l’église de Saints Pierre et Paul de Montceaux de l’Étoile
La porte de l’église est placée sous trois arcs et ces arcs sont surmontés d’une ouverture circulaire. Entre la porte et les arcs se situe le linteau, généralement orné ou gravé, et le tympan qui est l’espace en demi-cercle entre l’arc et le linteau.

La porte, le linteau et le tympan de l’église de Saint Lazare d’Autun
Le plein cintre est l’arc utilisé dans l’art roman. Cet arc forme en fait un demi-cercle parfait.

Des fenêtres en plein cintre découpent les murs de l’église abbatiale de Murbach
La voûte est également conçue dans le même esprit que le plein cintre, puisqu’elle forme généralement un demi-cylindre. Le chapiteau fait le lien entre les arcs de la voûte et les colonnes de soutien.

L’un des chapiteaux sculptés de l’église de Notre-Dame du port de Clermont
Parfois, l’église est formée par deux nefs, une principale et une transversale. C’est cette nef transversale (également appelée transept) qui donne la forme d’une croix à plusieurs églises romanes. Les églises romanes possédaient également des cryptes accessibles à tous. Les cryptes étaient des petites cavités encastrées qui contenaient des reliques de saint.

La crypte de l’église Airvault contient un tombeau
Toutes ces caractéristiques nouvelles ont pu se développer grâce aux innovations techniques en matière de construction. Bien que les travailleurs n’aient pas utilisé beaucoup d’engins de levage, ils ont tout de même réussi à ériger ces églises aux dimensions et au raffinement technique impressionnants. De plus, la pierre était dorénavant directement extraite des carrières, ce qui en augmentait la qualité. Les sols des édifices étaient généralement en terre battue. Toutefois, dans certains lieux, les sols étaient couverts d’une immense mosaïque colorée ou d’un dallage de pierres.

La cité de Carcassonne est un exemple d’architecture romane, surtout avec son château
Les sculpteurs de l’époque romane laissaient libre cours à leur imagination afin de concevoir leurs créations. Ils réalisaient en effet plusieurs sculptures issues d’un monde imaginaire ou onirique, souvent inspiré des mythes et du folklore. C’est pourquoi plusieurs de ces sculptures représentent des bêtes imaginaires (dragons, griffons). Les sculptures sont intégrées à la structure des bâtiments, ornent les murs et les colonnes, décorent les cryptes, les cloîtres et les églises. En fait, chaque espace libre était souvent occupé par une sculpture.

La façade de l’église de Saint Trophime d’Arles est abondamment décorée par les sculptures
En plus de décorer les lieux, les sculptures jouaient également un rôle de transmission des savoirs. Les sculpteurs illustraient souvent des sujets bibliques, faisant notamment des liens entre l’Ancien et le Nouveau testament. Les épisodes chrétiens représentés par ces sculptures ont ainsi permis d'accroître la ferveur religieuse. De plus en plus de sculptures représentaient des scènes à plusieurs personnages, que ce soit des scènes de la vie quotidienne ou des scènes bibliques. D’autres sculptures mettaient en scène des bêtes fantastiques, des végétaux imaginaires ou des motifs géométriques. Toutes les sculptures étaient peintes de couleurs vives.
La peinture servait également d’ornement dans les édifices religieux. Plusieurs églises étaient décorées de grandes fresques. Ces dernières étaient généralement réalisées alors que le mortier du mur était encore humide. Cette pratique a d’ailleurs favorisé la conservation de ces fresques.

L’une des fresques de l’église Nohant Vicq
Les artistes agrémentaient leurs peintures de nombreux détails et conféraient un style réaliste à leurs œuvres. Les sujets des peintures étaient issus des manuscrits populaires, des références quotidiennes ou folkloriques ou encore des grands thèmes sacrés. Pratiquement toutes les surfaces disponibles étaient peintes ou couvertes de mosaïques. Par contre, le recours à la mosaïque à des fins de décorations a diminué pendant l’époque romane puisque cette technique était plutôt coûteuse. Les peintres utilisaient des couleurs vives telles que l’ocre jaune, le rouge, le vert, le blanc et le noir.
Parmi les autres arts pratiqués pendant la période romane, on trouve l’émaillerie (pratique d’ornementation) et l’enluminure (imager les manuscrits) et les lettrines (orner les premières lettres d’un manuscrit), les vitraux (plusieurs ouvertures étaient ornées de vitraux colorés, même si ces derniers n’étaient pas aussi grands ni aussi nombreux que les vitraux de la période gothique).