Les notions abordées dans cette fiche dépassent celles qui sont vues au secondaire. Il s'agit ici d'un complément pour ceux qui sont curieux d'en savoir plus.
Le système féodal est le mode d’organisation sociale associé à la période médiévale. La féodalité s’exerce principalement dans les milieux ruraux. C’est pourquoi cette organisation apparaît au Moyen Âge, époque où la population retournait massivement dans les campagnes.
La féodalité est un système politique et social médiéval en place dans une partie de l’Europe à partir de l’ère carolingienne jusqu’à la fin du Moyen Âge qui repose sur l’existence de fiefs et de seigneuries, sur un lien de dépendance entre le seigneur et son vassal (vassalité) ainsi que sur la domination d’un groupe de guerriers.
De plus, l’influence des peuples barbares a considérablement modifié les règles de vie, les codes d’éthique et la manière d’accumuler et de répartir les richesses. Ces modifications ont influencé le régime féodal. Les relations sociales sont tissées en fonction des services rendus. Étant donné que les routes et les forêts n’étaient plus aussi sécuritaires, les habitants n’osaient plus effectuer autant de voyages qu’avant. De plus, ce sentiment de peur incitait plusieurs groupes à chercher la protection auprès d’autres personnes.
La structure sociale était donc hiérarchisée en fonction des rôles : les plus puissants profitaient du travail des autres en échange de leur protection alors que les plus pauvres donnaient plus qu’ils ne recevaient.
Cette répartition des terres et du pouvoir amène un État morcelé et faible. L’organisation dépendait plutôt de plusieurs petites unités imbriquées les unes dans les autres. La ruralité a déplacé la vie sociale des villes vers les campagnes situées autour du château du seigneur. Grâce à la décentralisation du pouvoir, les membres de la noblesse obtenaient de plus en plus de pouvoirs et de responsabilités. Rapidement, la noblesse a su en profiter et est devenue plus riche que les rois et les suzerains.
Pour bien comprendre la féodalité, il importe de connaître quelques mots de vocabulaire reliés à ce système : seigneur, suzerain, vassal et fief.
Les riches seigneurs possédaient de grandes terres. Par contre, ces terres et les possessions n’étaient pas protégées des bandits. C’est pourquoi ces seigneurs allaient chercher l’aide et la protection des vassaux. Le seigneur suzerain demeurait toujours le réel propriétaire du fief.
Les vassaux offraient leurs services et leur servitude au seigneur. Le vassal devait lui prêter serment. Dès lors, il occupait une partie des terres (un fief) en échange de quoi il fournissait des soldats au seigneur. Le vassal offrait également une partie de ses revenus à son seigneur. En retour, ce dernier le protégeait. La terre occupée par le vassal regroupait généralement quelques champs et quelques villages. Bien qu’il n'était jamais le propriétaire du fief, le vassal pouvait l’administrer à sa guise et en utiliser les ressources et les produits.
De manière générale, le fief du vassal était beaucoup trop grand pour que celui-ci s’en occupe seul. C’est pourquoi il faisait affaire avec des arrières-vassaux. Les arrières-vassaux étaient responsables d’une partie du fief, ce qui représentait quelques hameaux (petits groupes d'habitations isolées). L’entente entre le vassal et l’arrière-vassal est similaire à celle entre le vassal et le seigneur suzerain.
Les arrières-vassaux déléguaient une partie du travail à des sous-vassaux qui devenaient responsables de quelques parcelles de terre et de quelques maisons.
Dans cette organisation pyramidale, la classe pauvre la plus avantagée était celle des artisans. En effet, ces derniers étaient des hommes libres de tout engagement. Ils travaillaient le fer, le cuivre, le bois et la laine. Ils obtenaient un atelier et une maison en échange des outils qu’ils produisaient.
Les alleutiers étaient des paysans, mais ils étaient également libres de tout engagement. Propriétaires d’un alleu, terre sans le contrôle d’un seigneur, ils avaient tout de même besoin de protection. Pour que ce besoin soit comblé, ils étaient contraints à échanger une partie de leurs récoltes, à accomplir des tâches et à payer des taxes.
Les serfs n'étaient pas des esclaves, mais n’étaient pas non plus des hommes libres. Attachés à une terre et à un seigneur, ils devaient servir et travailler sur les terres en échange de la sécurité et de la stabilité. De tous les niveaux hiérarchiques de la féodalité, c’était les serfs qui avaient la vie la plus pénible.
À cette époque, les paysans formaient 95% de l’ensemble de la population.
Avant le Moyen Âge, les terres étaient partagées entre les fils en héritage. Dès le début du Moyen Âge, le fils aîné était l’unique héritier du fief. De leur côté, les autres fils héritaient de monnaie, d’une armure, d’un cheval dressé pour le combat, d’une épée et d’un écuyer. Leur but était donc de conquérir leur fief par leur force et leur équipement. Ces fils à la recherche d’un nouveau fief étaient les premiers chevaliers.

Au cours du Haut Moyen Âge, la chevalerie s’est considérablement développée pour devenir un ordre militaire très près de l’Église. Les chevaliers s’engageaient alors à servir le bien, la justice et l’honneur. C’est de cette époque que sont tirées les histoires du roi Arthur.
La nouvelle hiérarchie mise en place par le régime féodal a totalement changé l’organisation de la société.

<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/REC-html40/loose.dtd">
<html><body><p>Chaque ordre social se reconnaissait par les vêtements et la coiffure. C’est au Moyen Âge que se sont instaurés les trois ordres sociaux. Officiellement, ils ont été nommés et décrits par un moine du <span class="text-highlight--primary">11</span><sup class="text-highlight--primary"><span style="font-size:x-small;">e</span></sup><span class="text-highlight--primary"> siècle</span>, même s’ils décrivent très bien la société du Haut Moyen Âge. Cette hiérarchie, divisée selon la proximité des gens avec Dieu, était encore en place au début de la <span><a href="/fr/eleves/bv/histoire/revolution-francaise-notions-avancees-h1075">Révolution française</a></span>.</p>
</body></html>
<!DOCTYPE html PUBLIC "-//W3C//DTD HTML 4.0 Transitional//EN" "http://www.w3.org/TR/REC-html40/loose.dtd">
<html><body><p>Ceux qui consacraient leur vie à Dieu et à la prière méritaient le premier rang. Serviteur de Dieu et investi du pouvoir divin sur terre, le <strong>clergé </strong>était formé de tous les niveaux hiérarchiques des hommes d’église : évêques, curés, moines. Le Haut Moyen Âge est d’ailleurs caractérisé par les débuts et l’expansion de la vie monastique. Régie par des règles strictes, la vie des moines se concentrait principalement sur la prière, les chants religieux, l’étude des textes sacrés et le travail manuel. Plusieurs d’entre eux recopiaient des manuscrits.<br>
<br>
Les moines et les membres du clergé furent longtemps les seuls dépositaires de la culture antique. Ce sont eux qui ont participé à l’élaboration d’une nouvelle définition de la culture occidentale basée sur la <a href="/fr/eleves/bv/histoire/christianisme-et-chretiente-notions-avancees-h1043#chr%C3%A9tient%C3%A9">chrétienté</a>. L’<span class="text-highlight--secondary">Église</span> reprenait ainsi le contrôle de la vie spirituelle en imposant une vision manichéenne du monde dans laquelle Dieu et le Diable s’opposent.</p>
</body></html>
Ceux qui combattent forment la deuxième section de la société. Ne consacrant pas leur vie à Dieu, ils méritaient toutefois une place de distinction grâce à leur implication dans le pouvoir et dans les guerres et également en raison de leur devoir de protection. Les nobles étaient rois, seigneurs, vassaux et chevaliers.
Ceux qui travaillent, bien que représentant la quasi-totalité de la population, étaient appelés le tiers-état. Cette catégorie était formée par le peuple, soit les paysans, les artisans, les marchands et les travailleurs. À cette époque, le travail de la terre était considéré comme étant dégradant. Les membres du tiers-état n'avaient pas le loisir de consacrer leur vie aux nobles causes, ils étaient plus occupés à assurer leur survie et à subvenir à leurs besoins de base.
Nouveauté dans les pratiques agricoles du Moyen Âge, l’assolement triennal impliquait une rotation des terres sur trois ans dans lequel chaque champ suivait le rythme suivant : un an de céréales, un an de légumes et un an de jachère. La jachère était déjà pratiquée pendant l’Antiquité. Toutefois, la rotation s’effectuait aux deux ans : un an de plantation et un an de jachère. L’assolement triennal favorisait une meilleure fertilité des terres tout en augmentant de près de 50% la production.

Dès la Renaissance, les intellectuels ont propagé l’idée que le Moyen Âge était une époque pendant laquelle il n’y avait eu aucune innovation ni aucune invention. Toutefois, pendant les dix siècles du Moyen Âge, il y a eu des inventions marquantes, surtout dans le domaine agricole, qui ont facilité la vie des paysans.
Outre la rotation triennale des terres qui a permis aux paysans d’augmenter leur production de 50% et d’en vendre les excédents, plusieurs outils ont également été mis au point pour faciliter les nombreuses étapes liées à la culture de la terre. Les instruments de métal remplacent les outils de bois, une nouvelle charrue plus adaptée aux sols humides du nord du continent est conçue, les attelages deviennent plus efficaces (permettant d’utiliser les chevaux dans les labours).

Le moulin à eau n’a pas été inventé au Moyen Âge, mais il a été redécouvert et réutilisé à cette époque. La roue hydraulique du moulin permettait de récupérer l’énergie de l’eau afin d’accomplir plusieurs types de tâches comme remonter l’eau pour irriguer les terres, fabriquer du fil de fer, moudre des céréales. C’est également au Moyen Âge que les gens ont appris à transformer le mouvement circulaire en mouvement rectiligne. Cette énergie pouvait servir dans les fonderies et les ateliers où l'on travaillait le métal et le bois.
Les moulins à eau n’étaient pas les seuls utilisés pendant cette période : le moulin à vent a aussi été développé et utilisé.
Plusieurs inventions de la fin du Moyen Âge ont facilité les innovations de la Renaissance. Par exemple, dans le domaine de la navigation, l’invention de la boussole et de la voile latine triangulaire ont permis les explorations maritimes du 15e siècle et du 16e siècle. Dans les autres secteurs, les inventions les plus importantes sont les lunettes (13e siècle) et la xylographie.
La xylographie est un procédé par lequel on peut reproduire une image. On se sert d'une empreinte en bois, gravée, qui sert d'estampe pour reproduire une image ou un dessin sur du tissu, du papier, etc. Ce procédé a l'avantage d'être plus rapide que la reproduction à la main que faisaient les moines copistes.
