Au début du 20e siècle, le féminisme gagne en popularité alors que de plus en plus de femmes se rallient au mouvement. Prenant toujours plus de place au sein de la société, des femmes tentent de changer les mentalités en allant souvent à l'encontre de l’image traditionnelle de la féminité, que ce soit par le biais du monde du travail ou de la mode.
Organisées, les féministes revendiquent plusieurs mesures auprès du gouvernement. Elles veulent notamment une réforme du Code civil, puisque celui-ci leur accorde moins de droits qu'il en accorde aux hommes. Elles demandent également une meilleure accessibilité à l’éducation et l’obtention du droit de vote.

L’éducation étant très limitée pour les femmes, ces dernières ne peuvent continuer leurs études après le primaire. Entre 1908 et 1925, deux collèges classiques décident cependant d'ouvrir leurs portes aux étudiantes. Leur accessibilité reste toutefois limitée puisqu’ils favorisent l’éducation des jeunes filles issues de la bourgeoisie et des futures religieuses. Quant aux jeunes filles provenant des familles moins fortunées, elles fréquentent plutôt des écoles ménagères dans lesquelles elles apprennent à tenir une maison.

À partir de 1910, certaines universités québécoises commencent à accepter des femmes au sein de leur établissement. À partir de ce moment, plusieurs s’inscrivent dans les facultés de droit ou de médecine. Bien que ces femmes soient au début très marginalisées, de plus en plus de femmes vont se retrouver sur les bancs d’université.
Au même titre que pour l'accès à l'éducation, le monde du travail est un milieu très fermé aux femmes. Effectivement, même si plusieurs d’entre elles travaillent dans les usines depuis la première phase d’industrialisation, elles gagnent des salaires beaucoup moins élevés que les hommes, et ce, même si elles occupent les mêmes fonctions.

Outre les usines, elles assurent également certains services dans les salons de coiffure et dans les restaurants. Aussi, les femmes peuvent vouer leur vie aux congrégations religieuses afin de travailler dans les domaines de la santé et de l'éducation.
Au début du siècle, les femmes sont considérées comme des mineures, c’est-à-dire qu’elles sont toujours sous la tutelle d'un homme. Ainsi, elles sont soumises à leur père jusqu’à leur mariage et à leur mari par la suite.
En ce sens, aux yeux de la loi, les femmes n’ont pas autant de droits que les hommes alors qu’il leur est pratiquement interdit d’être propriétaires, de signer des contrats ou même de voter. Les suffragettes, un groupe de militantes féministes, souhaitent l’égalité entre les hommes et les femmes devant la loi.

Au début du 20e siècle, le Québec accuse un retard sur le Canada et sur les autres provinces concernant les droits des femmes. En effet, les femmes peuvent voter depuis 1918 aux élections fédérales alors que ce droit leur est toujours interdit sur la scène provinciale.
En ce sens, plusieurs luttes seront menées par la féministe et suffragette Marie Lacoste Gérin-Lajoie. Cette dernière crée le Comité provincial pour le suffrage féminin (CPSF) en 1922. Idola Saint-Jean est également une personne déterminante pour les droits des femmes alors qu'elle dépose un projet de loi concret pour le suffrage féminin. En 1929, cette dernière devient la première femme du Québec à se présenter aux élections fédérales.

Voulant primordialement l'obtention du droit de vote, les suffragettes remettent en question l’ordre social et luttent pour redéfinir leur rôle dans la société tout en la critiquant. Pour cette raison, l’Église et plusieurs politiciens s’opposent fermement à leurs revendications. Également, il y a plusieurs femmes en accord avec les valeurs traditionalistes du clergé. Regroupées au sein de la Ligue catholique féminine, 10 000 femmes forment une résistance au féminisme.
Malgré toutes ces résistances, les femmes du Québec obtiendront finalement le droit de vote aux élections provinciales en 1940.