En 1920, Staline souhaitait stimuler l’économie de la Russie. C’est pourquoi il avait mis sur pied la Nouvelle Politique Économique, misant sur la libéralisation de l’agriculture et de l’industrie.
Face au succès et à l’efficacité de cette réforme, Staline craignait que cette politique crée une nouvelle bourgeoisie qui pourrait triompher du communisme. Mettant fin à la politique économique, il visait alors à mettre sur pied un nouveau plan industriel. Pour développer efficacement les industries soviétiques, Staline avait besoin d’acheter du nouveau matériel et des machines. Pour avoir les ressources financières nécessaires à ces achats, Staline souhaitait augmenter les exportations. C’est pour cette raison qu’il a augmenté les réquisitions forcées chez les paysans.
Les paysans ne voulaient pas voir leurs ressources diminuer par ces nouvelles mesures. C’est pourquoi plusieurs d’entre eux résistaient en réduisant leur production et leurs livraisons au gouvernement. Ces paysans de la résistance furent surnommés par Staline les « Koulaks », paysans ayant un certain niveau d'aisance par rapport à la majorité de population.
Ils furent accusés de nuire à la politique au nom de leur individualisme et de leurs intérêts personnels. Staline a alors entrepris d’éliminer la classe sociale des Koulaks. Tous les paysans furent ainsi intégrés dans les grandes fermes collectives ou les fermes appartenant à l’État.
À la fin de 1931, 70 % des terres étaient collectivisées. Ces nouvelles mesures ont causé les premières victimes de la faim : entre 1 et 1,5 million de personnes en sont mortes au Kazakhstan.
La résistance à la collectivisation fut encore plus forte en Ukraine, où les paysans étaient réellement organisés. Dès 1932, l’État resserrait son contrôle sur l’Ukraine, afin d’éviter un nationalisme ukrainien. Les paysans ukrainiens furent également suspectés de valoriser leurs propres intérêts. Pour affirmer ce contrôle, Staline a augmenté considérablement les réquisitions forcées, même pour les fermes collectivisées.
Le 7 aout 1932, une nouvelle loi entrait en vigueur. Surnommée la Loi sur les épis, elle autorisait les déportations de 10 ans ou les condamnations à mort pour quiconque volerait la propriété de l’État. Cette loi valait même pour le vol de quelques épis, d’où son surnom. La loi sur les épis permettait également aux dirigeants de s’approprier toutes les récoltes ou presque.
Ces décisions ont provoqué une famine chez les paysans ukrainiens. Dès le début de l’hiver, plusieurs paysans erraient sur les routes, marchant d’un village à l’autre à la recherche de travail ou d’aide. C’est à cette époque, à la fin du mois de décembre 1932, que la Loi sur le passeport unique a été créée. Cette loi interdisait aux gens de quitter leur village de résidence sans en avoir obtenu l’autorisation de l’État.
La population fut fortement touchée par cette loi. Affaiblis, les gens mourraient de faim ou de froid. Plusieurs Ukrainiens furent déportés, certains se sont suicidés et d’autres se laissaient aller au cannibalisme. À la fin du mois de mai 1933, la famine prit fin grâce au retour du printemps, avec les nouveaux fruits et légumes.
Entre 1928 et 1932, l’URSS a déporté presque 2 millions d’Ukrainiens et massacré 500 000 individus. La culture ukrainienne fut interdite et les intellectuels furent emprisonnés. Pendant la famine, causée volontairement par l’État, 5 millions de paysans ukrainiens ont succombé, sur un total de 20 à 25 millions de paysans ukrainiens.
Pendant la famine, la propagande soviétique a été suffisamment efficace pour éviter de trop vives réactions des pays occidentaux. Le 28 novembre 2006, l’Ukraine reconnaissait, par le biais d’une loi, que la famine provoquée par l’État soviétique était un génocide.