Se déployant sur cinq continents, l’Empire britannique, dont fait partie le Canada, s’impose massivement sur la planète au début du 20e siècle. Ayant des projets d’expansion, il n’est pas rare que la Couronne britannique demande à ses anciennes colonies de l’épauler. Néanmoins, la population canadienne est fortement divisée concernant sa participation aux divers conflits menés par le Royaume-Uni.

Le Canada est divisé par deux types de nationalismes : l’impérialisme et le nationalisme canadien-français. Ces deux visions sont farouchement opposées sur le rôle que doit jouer la colonie au sein de l’Empire britannique.
Comme le Canada a largement été colonisé par des immigrants venus des îles britanniques, plusieurs impérialistes canadiens-anglais y habitent. Ces derniers ont un fort sentiment d'appartenance envers le Royaume-Uni.
L'impérialisme est une idéologie selon laquelle une colonie fait partie intégrante d'un empire. Les partisans de cette idéologie ont un fort sentiment d'appartenance envers la métropole. Ils appuient également la domination militaire, économique, politique ou culturelle qu'exerce la métropole sur sa colonie.
Soulignant les avantages économiques et militaires de l'adhésion à l'empire, les impérialistes soutiennent un Canada britannique. En effet, selon eux, l'économie canadienne dépend de sa relation avec le Royaume-Uni et avec les autres colonies de l'empire. Les impérialistes sont également en accord avec la participation du Canada dans les guerres menées par la métropole britannique contre d'autres territoires.
L'appartenance à l'égard du Royaume-Uni est toujours ancrée au Canada alors que certains drapeaux provinciaux, comme celui de l'Ontario, affichent l'Union Jack, l'emblème britannique.
L'idéologie de l'impérialisme n'est toutefois pas partagée par tous les Canadiens. D’ailleurs, le lien avec le Royaume-Uni est un point de discorde majeur au pays. Pour leur part, les nationalistes canadiens-français, la plupart vivant au Québec, ne s'identifient pas comme étant des sujets britanniques.
Le nationalisme canadien-français est un type de nationalisme centré sur l'identité des Canadiens francophones. Il ne correspond pas uniquement au Québec, mais bien à tous les francophones sur le territoire canadien.
Effectivement, ayant pour leur part des ancêtres français, les Canadiens français sont méfiants envers les autorités anglaises qui ont essayé à plusieurs reprises de les assimiler. Au contraire des impérialistes, ils revendiquent un détachement marqué du Canada face au Royaume-Uni. Si le Canada se dissocie de l'empire, il n'aura alors plus à participer aux batailles de la métropole et il sera plus autonome.

Le nationalisme canadien-français est défendu par certaines figures politiques telles que le journaliste et politicien Henri Bourassa
Cette dualité identitaire est mise à rude épreuve en 1899 alors que le Royaume-Uni s’apprête à initier une guerre en Afrique du Sud : la guerre des Boers.

Pour s’assurer de la victoire, la Couronne britannique demande à ses colonies et à ses dominions, dont l’Australie et le Canada, de l’appuyer dans la guerre. Cette demande divise grandement la population canadienne. D'un côté, les impérialistes considèrent qu'il est le devoir du Canada de soutenir la métropole. De l'autre côté, les nationalistes canadiens-français jugent que ce conflit ne les concerne pas.
Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada, cherche à trouver un juste compromis entre les deux groupes nationalistes qui déchirent sa population. Ainsi, il propose un volontariat dans lequel les Canadiens pourront décider par eux-mêmes s’ils participent ou non à la guerre des Boers. Un millier de volontaires sont alors enrôlés pour joindre les troupes britanniques en Afrique du Sud.

Prônant un nationalisme canadien-français, Wilfrid Laurier propose des compromis pour apaiser les tensions entre les impérialistes et les nationalistes canadiens-français.
La métropole veut agrandir son empire en territoire africain et désire annexer les territoires des Boers, qui sont des descendants de colons principalement hollandais en Afrique du Sud. Après un premier conflit, la région devient plus convoitée que jamais en raison de ses nombreux gisements d'or découverts sur le territoire. C'est pourquoi les hostilités reprennent en 1899.
Trois ans plus tard, le Royaume-Uni réussit à annexer les riches provinces à son empire avec l’aide de ses dominions.
Le conflit entre les impérialistes et les nationalistes canadiens-français concernant la participation canadienne aux guerres britanniques restera un épineux problème pendant plusieurs années au Canada. Ce débat refait également surface lors de la Première Guerre mondiale, puisque le Canada est toujours une colonie lors de ce conflit.
C'est en 1931, avec l'adoption du statut de Westminster, que le Royaume-Uni reconnait le Canada comme étant un pays indépendant à part entière. Ce faisant, l'ancienne colonie est affranchie de toute obligation envers la Couronne britannique. Cela veut dire qu'il a à la fois le contrôle sur sa politique interne et externe. Dorénavant, le Canada n'est plus tenu d'appuyer la métropole dans toutes ses batailles.