Différentes lois adoptées au début des années 1960 modifient le paysage syndical québécois. C’est le cas du Code du travail adopté en 1964 et de la Loi sur la fonction publique de 1965. Par exemple, cette dernière donne le droit aux employés des secteurs public et parapublic de se syndiquer et de faire la grève.
On assiste alors à une syndicalisation rapide des fonctionnaires, des enseignants et des employés d’hôpitaux. Le nombre total de personnes syndiqués au Québec est ainsi passé de 400 000 en 1960 à plus de 850 000 en 1984[1].
Au même moment, le milieu syndical se déconfessionnalise. Ainsi, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC) devient la Confédération des syndicats nationaux (CSN).
- Les employés de l’État sont des personnes employées par le gouvernement, par exemple les employés dans les ministères et les enseignant(e)s.
- Le secteur public concerne les différents ministères du gouvernement (finances, environnement, transports, immigration, etc.).
- Le secteur parapublic regroupe des organismes ou entreprises qui sont contrôlés par l’État tout en ayant une certaine autonomie (Hydro-Québec, les universités, etc.)
- Un syndicat est une association dont le but est de défendre les droits et les intérêts des travailleurs auprès de l’employeur.
Dans les années 1970, plusieurs groupes au Québec réclament plus de justice sociale, dont les syndicats. Trois grandes centrales syndicales représentent la majorité des employés syndiqués de la province :
- la Confédération des syndicats nationaux (CSN);
- la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ);
- la Corporation (Centrale) de l’enseignement du Québec (CEQ).
Les syndicats s’impliquent de plus en plus dans l’action sociale et politique en revendiquant une plus grande égalité entre les personnes et un partage plus juste de la richesse. Pour se faire entendre, ils se joignent à différents groupes qui font la promotion de la justice sociale, tels que des groupes féministes. Au niveau politique, les syndicats encouragent les partis comme le Parti québécois qui mettent de l’avant des politiques sociales-démocrates.
Les syndicats intensifient aussi leurs moyens de pression, entre autres avec l’organisation de grèves et de manifestations. Ils réussissent à obtenir des gains importants pour leurs membres, comme :
- des hausses de salaire;
- de meilleurs régimes de retraite;
- la reconnaissance de l’ancienneté;
- des emplois permanents dans la fonction publique.
Dans les années 1970, les relations entre les syndicats et les gouvernements sont de plus en plus difficiles. Il y a plusieurs conflits de travail qui entrainent des grèves et des lockouts. Les syndicats revendiquent de meilleurs salaires et l’amélioration des conditions de travail des employés du secteur public dans le but de réduire l’écart entre leurs conditions de travail et celles du secteur privé.
C’est dans ce contexte que les 3 grandes centrales syndicales décident de s’allier pour fonder un front commun.
En 1971, le gouvernement est en pleine négociation avec les 3 grandes centrales syndicales (CSN, FTQ, CEQ) pour le renouvellement des conventions collectives de plus de 200 000 employés des secteurs public et parapublic.
En 1972, le gouvernement Bourassa refuse les demandes des syndicats. Pour être plus fortes face à lui, les 3 grandes centrales syndicales décident de s’unir et de faire front commun.
C’est ainsi que le 11 avril 1972, 200 000 membres de ces 3 centrales syndicales votent en faveur d’une grève générale illimitée. Tous les services touchés sont paralysés. La grève affecte tant les hôpitaux que les sociétés d’État comme Hydro-Québec.
Le 20 avril 1972, après 9 jours de grève, le gouvernement impose une loi spéciale. Celle-ci empêche les employés de faire la grève pour les forcer à retourner travailler. La frustration augmente alors dans les rangs des syndiqués. Certains chefs de groupes syndicaux encouragent leurs membres à désobéir aux consignes d’arrêt de grève afin qu’ils continuent leurs manifestations.
Louis Laberge, Yvon Charbonneau et Marcel Pepin sont les présidents des 3 grandes centrales syndicales lors du Front commun de 1972.
Source : Conférence de presse du Front commun à l’hôtel Windsor [Photographie], Talbot, P.-H., 1972, 10 avril, Bibliothèque et Archives nationales du Québec, (URL). Droits réservés*[2]
Ce n’est qu’à la fin du mois de mai que les négociations reprennent entre les syndicats et le gouvernement.
| Résultat des négociations entre les syndicats et le gouvernement | |
| Les gains des syndicats |
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| Les mesures gouvernementales |
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- Bernier Cormier, E., Goulet, G., Krysztofiak, V. et Ste-Marie, P. (2016). Chroniques du Québec et du Canada 1840 à nos jours — 4e secondaire [Manuel de l’élève]. ERPI.
- Talbot, P.-H. (1972, 10 avril). Conférence de presse du Front commun à l'hôtel Windsor [Photographie]. Bibliothèque et Archives nationales du Québec. (URL). *Extrait employé par Alloprof conformément à la Loi sur le droit d'auteur dans le cadre d'une utilisation équitable aux fins d’éducation [https://laws-lois.justice.gc.ca/fra/lois/c-42/page-9.html].