Avides de puissance et de richesses, la France et l'Angleterre, au 17e siècle, possèdent plusieurs colonies dans le monde, notamment en Amérique. De ce fait, ces pays sont appelés des empires coloniaux.

Aussi intéressées par le pouvoir et l'accumulation de richesses, les colonies américaines, plus précisément la Nouvelle-France et les colonies anglaises (les Treize colonies), n'entretiennent pas de relations paisibles. Or, sous le contrôle de leur métropole respective, les colonies doivent attendre que la France et l'Angleterre se déclarent la guerre afin de pouvoir, à leur tour, déclencher un conflit armé, soit une guerre intercoloniale.
La France et l'Angleterre veulent toutes deux avoir le contrôle du commerce des fourrures et des pêcheries en Amérique du Nord, elles se disputent notamment le territoire autour de la baie d'Hudson et de Terre-Neuve. Ces commerces lucratifs font aussi l'objet de rivalités entre la Nouvelle-France et les Treize colonies.
Aussi, les Treize colonies, en pleine expansion démographique et économique, désirent agrandir leur territoire vers l'ouest afin de s'installer dans les terres fertiles de l'Ohio. Or, la Nouvelle-France, qui occupe également ce territoire, constitue un frein majeur à ce désir d'expansion.
C'est donc pour ces raisons que, dès le milieu des années 1680, les tensions augmentent considérablement entre la Nouvelle-France et les Treize colonies. À la fin de la décennie, la France et l'Angleterre entrent en guerre, ce qui déclenche le début des guerres coloniales.
À partir de 1707, l'Angleterre s'unit à l'Écosse pour former la Grande-Bretagne, dont les habitants sont désormais appelés les Britanniques.
De 1689 à 1748, trois conflits armés sont déclenchés en Europe : la guerre de la ligue d'Augsbourg, la guerre de succession d'Espagne et la guerre de succession d'Autriche. En Amérique du Nord, ces trois guerres mènent à peu de changements durables. En effet, seule la signature du traité d'Utrecht, qui met fin à la guerre de succession d'Espagne, entraine des conséquences territoriales.
Le premier conflit, la guerre de la ligue d'Augsbourg (1689-1697), déclenche les hostilités en Amérique du Nord. La Nouvelle-France attaque certains villages des Treize colonies et tente de mettre la main sur des postes de traite situés autour de la baie d'Hudson et sur les côtes de Terre-Neuve. Les Treize colonies, soutenues par les Iroquois qui rompent le traité de paix avec les Français, assiègent Québec. Cette guerre se termine par la signature du traité de Ryswick. Aucun changement territorial n'est apporté à la suite de ce conflit.
Le deuxième conflit, la guerre de succession d'Espagne (1701-1713), mène à une guerre intercoloniale dont l'enjeu principal est la prise de contrôle de l'Acadie et de Terre-Neuve. En effet, en 1710, les Britanniques prennent possession de Port-Royal, en Acadie, et occupent les côtes de Terre-Neuve. Cette guerre prendra fin avec la signature du Traité d'Utrecht, qui aura des conséquences territoriales en Amérique du Nord.
Durant le troisième conflit, la guerre de succession d'Autriche (1740-1748), la France tente en vain de reprendre l'Acadie aux mains des Britanniques. Ces derniers prennent possession de l'importante ville française de Louisbourg, située sur l'ile Royale. Louisbourg revient néanmoins aux Français à la fin du conflit, avec la signature du traité d'Aix-la-Chapelle.
Le traité d'Utrecht de 1713 scelle une perte de territoires pour la Nouvelle-France. En effet, l'Acadie, le territoire situé autour de la baie d'Hudson, ainsi que les côtes de Terre-Neuve appartiennent désormais à la Grande-Bretagne. La France préserve l'ile Royale (ile du Cap-Breton) et l'ile Saint-Jean (ile du Prince-Édouard).
Ces nouveaux territoires britanniques constituent une perte économique et militaire notable pour la France. En effet, en plus d'être riches en fourrures et en poissons, ces territoires sont des postes stratégiques à l'implantation de forces militaires britanniques. À la suite de ce traité, autant la France que la Grande-Bretagne renforcent leur défense, notamment par la construction de forts et par la fortification de villes.

En 1754, une nouvelle guerre débute, cette fois-ci en Amérique du Nord, entre la Nouvelle-France et les Treize colonies. C'est le début de la guerre de la Conquête. Ce conflit s'étend rapidement hors du territoire nord-américain à l'échelle des empires coloniaux. En effet, en 1756 débute la guerre de Sept Ans, qui oppose les deux grandes métropoles, la France et la Grande-Bretagne. La lutte entre ces deux grands empires coloniaux prendra des proportions mondiales, touchant l'Europe, les Antilles, l'Afrique et l'Asie.