Au milieu du 19e siècle, la Province du Canada connait une période d'instabilité politique. Le gouvernement unique créé lors de l'Acte d'Union provoque des problèmes de gestion puisque le Bas-Canada et le Haut-Canada ont des intérêts différents.
En 1851, Louis-Hippolyte La Fontaine et Robert Baldwin se retirent de la scène politique, mettant fin à onze ans de gouvernement réformiste. Alors qu'auparavant les membres de ce parti étaient unis, les députés se divisent de plus en plus. On assiste alors à la mise en place d'un gouvernement bipartiste.
Le bipartisme est un système politique se basant sur l'existence de deux partis distincts. Ainsi, ces deux partis s'alternent au pouvoir. Dans le cas présent, il s'agit des conservateurs et des libéraux.
Les plus radicaux qui demandent plus de changements s'opposent aux modérés qui sont satisfaits d'avoir le gouvernement responsable. Ces divisions transforment le paysage politique au parlement de la Province du Canada et mènent à la formation de nouveaux partis provenant du Haut-Canada et du Bas-Canada.

Bas-Canada
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Haut-Canada |
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Parti libéral conservateur (Parti bleu)
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Parti Clear Grit (libéral)
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Parti rouge (libéral)
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Parti libéral-conservateur (Tories)
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Dès le début des années 1850, l'instabilité ministérielle s'installe également en raison de la question de la double majorité.
Sous l'Acte d'Union, la chambre d'assemblée du gouvernement est composée d'autant de députés du Haut-Canada que du Bas-Canada (42 députés par région pour un total de 84 députés). Afin d'être majoritaire, les partis doivent obtenir la double majorité (la majorité des sièges au Haut et au Bas-Canada).
Comme les partis élus sont presque toujours minoritaires à la chambre d'assemblée, ils sont constamment contestés par le parti en opposition. Cela mène ensuite au démantèlement du gouvernement en place.
Avant 1851, si la population francophone est majoritaire au Canada-Uni, la population du Haut-Canada la dépasse par la suite. Cela s'explique, entre autres, par plusieurs vagues d'immigration provenant de la Grande-Bretagne. Malgré cette hausse démographique, chaque territoire possède le même nombre de sièges à la chambre d'assemblée.
Les Clear Grits du Haut-Canada réclament alors un nombre de députés proportionnel à la population. George Brown, leur chef, souhaite ainsi limiter le pouvoir du Bas-Canada et des francophones à la chambre d'assemblée. Ce mode de représentation est appelé la représentation proportionnelle ou « Representation by Population » (Rep by Pop).
La représentation proportionnelle est une façon de déterminer le nombre de députés pour chaque territoire. Avec cette façon de faire, le nombre de sièges attribué à chaque colonie (ou province) est déterminé selon le nombre d'habitants. Ainsi, un territoire plus peuplé aura davantage de représentants au gouvernement.

Avec la hausse de la population du Haut-Canada, George Brown demande à ce que les sièges soient accordés en fonction de la population, ce qui leur donnerait davantage de pouvoir. Ce sujet crée plusieurs disputes entre les partis.
Durant ces 10 ans, plus de 10 gouvernements minoritaires se succèdent au Canada-Uni. Après chaque élection, les partis forment de nouvelles alliances pour accéder au pouvoir.
Cette situation crée une instabilité ministérielle qui rend la gestion des affaires de la colonie de plus en plus difficile. Différents débats comme le déménagement du Parlement de Montréal à Toronto ou à Québec et le nombre de députés à élire au Bas-Canada et au Haut-Canada.
Cette situation mène les différents chefs politiques à former la Grande Coalition de 1864 pour tenter de trouver une solution à la crise politique. Organisée par des personnalités politiques telles que John A. Macdonald, Étienne-Paschal Taché, George-Étienne Cartier et George Brown, cette entente rassemble des politiciens aux idées différentes, mais liés par le souhait de former une nouvelle union entre le Haut-Canada, le Bas-Canada et les autres colonies britanniques.
