En 1663, lorsque Louis XIV prend le contrôle de la Nouvelle-France (alors gérée par les compagnies), la situation économique y est plutôt simple. En effet, le mercantilisme appliqué par la métropole (la France) n'a réussi qu'à développer le commerce des fourrures. À son arrivée en 1665, Jean Talon y voit un problème. Il tentera donc, durant ses deux mandats en tant qu'intendant, de développer d'autres aspects de l'économie de la colonie.
L'objectif de Jean Talon est de donner à la colonie une plus grande indépendance par rapport à la métropole. Le fait est que, en 1665, la colonie est forcée d'acheter tous ses produits manufacturés de la France. Talon fera en sorte que plusieurs produits seront fabriqués dans la colonie et développera ainsi son autonomie.

Une tonnellerie, atelier permettant la fabrication de tonneaux
Pour ce faire, Jean Talon encourage la construction de nombreux ateliers dans la colonie, dont des tonnelleries. Des tanneries et des cordonneries permettent la fabrication de tous les vêtements nécessaires à l'habillement des colons. La mise en place d'un chantier naval rend la fabrication de navires possible. Ces différentes installations, jumelées avec l'arrivée de gens de métier, rendent tranquillement la colonie plus autonome.

La fibre de lin, utilisée pour faire des cordages

Le houblon, utilisé pour faire de la bière
Lors de l'arrivée de Jean Talon, toute la production agricole de la colonie est destinée à la subsistance des colons. Le nouvel intendant souhaite faire augmenter cette production pour créer des surplus qui pourront être vendus à l'extérieur de la colonie afin de générer des profits. Il encourage alors la production de nouvelles cultures, comme le lin et le chanvre pour la fabrication de cordes et de tissus. Il rend également possible la production de houblon et d'orge, qui sont utilisés dans la fabrication de bières. La production de cette boisson mène à la construction de la première brasserie de la colonie en 1668.
Malgré tous les efforts des dirigeants de la colonie pour développer l'économie en Nouvelle-France, plusieurs obstacles demeurent. Le mercantilisme et les couts élevés sont parmi les plus importants.
La raison d'être de ce système économique est d'enrichir la métropole. Le secrétaire d'État à la Marine, Jean-Baptiste Colbert, voit donc d'un mauvais œil le développement économique de la Nouvelle-France puisque les profits qu'elle génère ne sont pas destinés à remplir les coffres de la France. Colbert limite donc les exportations de la colonie puisqu'elles nuisent à l'économie de la France.
La situation climatique difficile de la Nouvelle-France est source de problèmes majeurs pour les commerces de la colonie. En effet, l'hiver entraine la fermeture des ports de la colonie durant environ 6 mois. Cette situation ralentit considérablement la production des entreprises. L'État offre son soutien financier pour minimiser l'impact de cette réalité, mais les couts engendrés par cette longue inactivité sont énormes.
Durant ses deux mandats, Talon réussit à diversifier l'économie de la colonie comme jamais dans sa jeune histoire. Toutefois, la fin de son mandat et son départ en 1672 marqueront aussi la fin de plusieurs projets, dont celui de la brasserie en 1675.
Malgré les nombreux efforts de Talon pour diversifier et développer l'économie de la colonie, les résultats sont plutôt décevants et le commerce des fourrures reste finalement, et de loin, le plus important dans l'économie de la Nouvelle-France.