L’importante augmentation de la population et la surconsommation des biens et services sont des facteurs ayant un grand impact sur l’environnement. Depuis plusieurs années, des scientifiques veulent mesurer précisément les conséquences que le mode de vie des humains a sur l’environnement. Ils cherchent entre autres à savoir si la Terre sera toujours en mesure de fournir les ressources que nous lui demandons ou si nous sommes en train de les épuiser. C’est pour répondre à cette question que des scientifiques ont développé l’outil de mesure de l’empreinte écologique.
L’empreinte écologique est une estimation de la surface (terrestre ou aquatique) nécessaire pour permettre à un individu, une entreprise ou un pays de soutenir son mode de vie ou ses activités. Elle englobe toutes les ressources nécessaires pour répondre à l’ensemble des besoins de cet individu et pour assurer l’élimination des déchets qu’il produit.
Pour résumer, l’empreinte écologique correspond à la surface de la planète que nous exploitons afin d’obtenir toutes les ressources nécessaires à la fois pour répondre à nos besoins et désirs (manger, travailler, s’amuser, s’habiller, etc.), mais aussi pour assurer l'élimination de nos déchets. De ce fait, plus la consommation de ressources et la production de déchets sont grandes, plus l’empreinte écologique est élevée.
On exprime l’empreinte écologique en hectares globaux (hag) ou en hectares globaux par habitant (hag/habitant). Un hectare global diffère d’un hectare par sa capacité à produire des ressources et à absorber des déchets.
Un hectare global mesure 10 000 m2, ce qui équivaut à un peu moins de 2 terrains de football (en considérant qu’un terrain de football américain mesure 5 355 m2).
L’intérêt de cet outil est qu’il permet de comparer les ressources que nous consommons et les déchets que nous produisons avec la capacité qu’a la planète d'absorber ces déchets et de générer de nouvelles ressources pour remplacer celles qui sont utilisées. Par exemple, le 29 juillet 2019, l’humanité a commencé à vivre à crédit pour cette année-là. On nomme cette date jour du dépassement. Cela veut dire qu’à ce moment, les humains avaient déjà consommé toutes les ressources naturelles que peut offrir la Terre en une année, selon les calculs de Global Footprint Network (GFN). En 2019, nous avons donc utilisé les ressources de la Terre 1,75 fois plus vite que la vitesse à laquelle elles sont capables de se régénérer.
Calcul de l’empreinte écologique d’une population
Surface (hag) occupée + Surface (hag) utilisée pour produire des ressources + Surface (hag) nécessaire pour éliminer les déchets
= Empreinte écologique (hag)
Pour savoir si l’empreinte écologique est faible ou élevée, il faut la comparer à la surface de la planète qui peut être exploitée par l’humain (ce qui exclut, entre autres, les immenses surfaces situées aux profondeurs des océans).
Voici les différentes surfaces exploitables qui entrent en compte dans l’équation.

L’addition de ces surfaces donne environ 12 milliards d’hectares globaux. La surface exploitable de la planète est donc très vaste. Si on fait un calcul rapide, considérant que la population mondiale est d’environ 7,7 milliards d’habitants, il y aurait donc une surface exploitable de 1,6 hag disponible pour chaque être humain sur la planète.
En d’autres mots, si chaque personne utilisait une surface d’environ 3 terrains de football au cours de sa vie pour répondre à ses besoins et disposer de ses déchets, la Terre devrait avoir les capacités nécessaires pour répondre à nos besoins et produire ce qui nous est nécessaire. Le problème, pour l’instant, est que chaque être humain utilise en moyenne 2,3 hag (ce qui correspond à environ 4,3 terrains de football) au cours de sa vie.
Plusieurs facteurs peuvent faire varier l’empreinte écologique d’une population, deux des plus importants étant le nombre d’habitants et le niveau de consommation. En effet, plus une population est nombreuse et a un niveau de consommation élevé, plus elle utilise de ressources et produit de déchets.
Le transport de produits sur de longues distances peut aussi avoir un impact important. Plus encore, la production ou l’utilisation de certains types de produits et aliments peut également influencer l’empreinte écologique d’une population puisque certains nécessitent des surfaces plus grandes.
Voici un schéma qui illustre l’empreinte écologique de la production d’un kilogramme de viande de boeuf.

-
10 m2 de pâturage (lieu couvert d’herbe qui est consommée sur place par le bétail, par exemple une vache),
-
11 m2 de surface cultivée représentant les céréales nécessaires pour nourrir l’animal,
-
2,4 m2 de surface utilisée pour bâtir les étables, les installations d’abattage, etc.,
-
21 m2 de surface de forêt nécessaire pour absorber le |CO_2| émis par les flatulences de l’animal, par le transport de la viande, etc. Bref, tout |CO_2| émis de la naissance de l’animal jusqu’à sa vente en morceaux dans un marché.
Il faut donc 44 m2 de surface pour produire un seul kilogramme de viande de bœuf.
Plus la demande pour la viande augmente, plus il faut augmenter les surfaces agricoles exploitées pour répondre à la demande. Cette expansion amène souvent une plus grande déforestation ainsi qu’un usage plus intensif de pesticides, détruisant au passage des écosystèmes.
D’ailleurs, on utilise 15 000 litres d’eau pour produire 1 kg de viande. Une grande partie sert à abreuver l’animal, arroser les champs dans lesquels il broute, nettoyer les installations dans lesquelles il vit et est mis à mort, etc.
La déforestation est l’action humaine d’éliminer de manière permanente une partie de la forêt.

Remarque concernant la carte
Les pays qui ont une empreinte écologique élevée sont souvent ceux qui consomment le plus d’énergie fossile (pétrole, charbon, etc.).
Lorsqu’on compare l’empreinte écologique des différents pays, on observe bien la disparité, c’est-à-dire le fossé qui sépare le mode de vie des pays industrialisés et celui des pays en développement ou émergents.
En 2016, selon les statistiques du Global Footprint Network (GFN), l l’empreinte écologique des Canadiens était de 7,7 hag. Cela veut dire que chaque Canadien utilisait des ressources naturelles équivalant à 7,7 hectares de terre exploitable pour assurer sa subsistance, soit un peu plus de 14 terrains de football (au lieu du 1,6 hag que la planète peut fournir actuellement). Voici, la même année, l’empreinte écologique des citoyens d’autres pays :
|
Empreinte écologique (hag) |
Équivalent de la surface en terrains de football |
---|---|---|
Luxembourg (pays développé) |
15,3 |
28,57 |
Brésil (pays émergent) |
2,8 |
5,23 |
Haïti (pays en développement) |
0,7 |
1,31 |
Source des données : Global Footprint Network, 2019.
On se souvient que pour que la Terre ait la capacité de produire ce dont nous avons besoin pour répondre à notre niveau de consommation et éliminer nos déchets, nous devrions avoir une empreinte écologique de moins de 2 terrains de football par habitant. En réalité, la plupart des citoyens dépassent cette limite.
Pour plus d’informations, il est possible de consulter l’empreinte écologique des différents pays grâce à une carte interactive sur le site de Global Footprint Network.
Il est important de noter que lorsqu’on compare l’empreinte écologique de plusieurs pays, on utilise souvent l’empreinte écologique du pays divisé par le nombre d’habitants, ce qui donne le nombre de hag/habitant. Il est alors plus facile de comparer l’impact de chaque individu.
L’empreinte écologique par pays est une moyenne. Au sein d’une même population, l’empreinte peut varier beaucoup d’une personne à l’autre. Dans l’exemple suivant, le Canadien #2 aura une empreinte écologique plus élevée que le Canadien #1.
Canadien #1 |
Canadien #2 |
---|---|
Mode de vie zéro déchet. |
Ne porte pas d’attention particulière aux déchets (ne fait ni compostage ni recyclage). |
Se déplace à vélo. |
Possède 2 automobiles de l’année qu’il utilise fréquemment. |
Ne possède pas de télévision, vit dans un appartement qui récupère l’eau de pluie pour la toilette et la douche. |
Possède 4 téléviseurs pour toute la famille. |
Sur le plan individuel, au Canada entre autres, les domaines qui pèsent le plus lourd sur l’empreinte écologique sont le transport (pour les déplacements), le chauffage des habitations, la nourriture et les déchets.
Le concept d’empreinte écologique est souvent confondu avec celui d’empreinte carbone. Notons que l’empreinte carbone correspond à la surface de forêts nécessaires à l’absorption du carbone et à la production de l’oxygène.
L’empreinte carbone est la mesure des émissions de gaz à effet de serre (GES) produites par les activités humaines. Elle est habituellement calculée en kilogrammes (kg).
Il est possible de calculer l’empreinte carbone d’un objet, d’une personne, d’une famille, d’un pays, etc. Plusieurs éléments sont considérés dans ce calcul. En effet, si on calcule l'empreinte carbone d’un objet, on prend en compte les gaz à effet de serre (GES) qui sont émis durant tout son cycle de vie. Cela veut dire qu’on mesure tous les GES qui ont été produits durant l’extraction des matières premières nécessaires à la fabrication de l’objet, puis ceux produits durant sa fabrication, sa distribution et son utilisation, ainsi que la gestion de ce produit lorsqu’il est jeté, ou qu’il n’est simplement plus utilisé.
Concrètement, voici l’empreinte carbone du kilogramme de viande mentionné précédemment dans cette fiche. L’empreinte carbone de 1 kg de viande de bœuf produit est de 32,5 kg. En effet, sa production (de l’élevage de l’animal à sa vente à un consommateur) produit 32,5 kg de |CO_2|. Le tableau qui suit renseigne sur l’empreinte carbone de différents aliments.

Alloprof. (s.d.). L'empreinte écologique. http://www.alloprof.qc.ca/BV/pages/s1199.aspx
Les cahiers du développement durable. (2020). L’empreinte écologique. http://les.cahiers-developpement-durable.be/outils/empreinte-ecologique/
Deblock, C., Déry, S. Jasmin, É, Rioux, J.-F., Vatz-Laaroussi, M. et Villeneuve, M. (2009). Enjeux. Monde contemporain [Manuel de l’élève]. Éditions ERPI.
Équiterre. (s.d.). Flexitarisme : miam!. http://equiterre.org/geste/flexitarisme-miam
Global Footprint Network. (2020). Compare Countries. Ecological Footprint (gha per person). 2016. https://data.footprintnetwork.org/#/compareCountries?cn=all&type=EFCpc&yr=2016
Gobal Footprint Network. (2019). Ecological Footprint per Person [carte]. http://data.footprintnetwork.org/?_ga=2.266597710.1517271952.1594417755-1459196817.1594417755#/
Ladouceur, M. et Parent, A. (2014). Globe [Cahier d’apprentissage]. Chenelière Éducation.
Worldometers. (s.d.). Population mondiale actuelle. https://www.worldometers.info/fr/population-mondiale/
WWF. (2018). Living Planet Report 2018: Aiming higher. https://c402277.ssl.cf1.rackcdn.com/publications/1187/files/original/LPR2018_Full_Report_Spreads.pdf