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L’Amazonie est la région qui comprend le fleuve Amazone et ses affluents. L’Amazonie s’étend sur plusieurs pays en Amérique du Sud. La forêt amazonienne couvre la très grande majorité de cette région. La majorité du territoire de cette forêt se trouve au Brésil. Cette fiche se concentre donc sur l’Amazonie brésilienne.
Un affluent est le nom d’un cours d’eau qui se jette dans un autre cours d’eau.
L’Amazonie possède un climat équatorial. La majorité de son territoire est couvert par la forêt amazonienne qui est une forêt tropicale. Toutefois, une partie de son territoire est couvert par une région nommée Cerrado. Le Cerrado est marqué par une saison sèche contrairement à ce qui s’observe dans la forêt tropicale. En dessous cette région se trouve le Pantanal qui est caractérisé par des prairies et des savanes inondées.

Source : Sergio Willian fotos, Shutterstock.com
L’Amazonie est habitée par environ 34 millions de personnes[1]. La majorité vit dans les villes du territoire, par exemple Manaus. Les autres personnes qui habitent le territoire sont surtout des populations autochtones qui vivent de manière traditionnelle en harmonie avec la forêt.
L’Amazonie est caractérisée par sa grande biodiversité. Selon le World Wide Fund For Nature, cette région compte 40 000 espèces de plantes, 3 000 espèces de poissons d’eau douce et plus de 370 espèces de reptiles[1]. Plusieurs espèces sont encore découvertes chaque année.
La biodiversité fait référence à la diversité d’espèces (animaux, végétaux, bactéries, champignons et protistes) et d’écosystèmes présents sur un territoire donné.
La biodiversité de cette forêt permet l’étude des différentes espèces et de leur fonctionnement. Ces études permettent l’avancement des connaissances dans plusieurs domaines.
L’étude du venin du serpent nommé fer-de-lance a permis la découverte d’un traitement pour réduire l’hypertension.

Source : spatuletail, Shutterstock.com
La forêt amazonienne a aussi un rôle important dans le cycle du carbone mondial. La forêt permet d’absorber le CO2. Dans le passé, il y avait un équilibre entre le CO2 émis et celui absorbé par les organismes vivants dans la forêt amazonienne. Toutefois, depuis quelques années, la forêt amazonienne émet plus de CO2 qu’elle en absorbe. Cela est dû à la déforestation causée par l’activité humaine.
La déforestation est l’action humaine d’éliminer de manière permanente une partie de la forêt.

Avant la déforestation : Les végétaux, les animaux et les humains rejettent du CO2. Celui-ci est par la suite absorbé par les végétaux. Il y a un équilibre entre le CO2 rejeté et le CO2 absorbé.
Après la déforestation : Il y a moins d’arbres pour absorber le CO2 émis. Le CO2 s’accumule donc dans l’atmosphère.
Ce schéma est une version simplifiée du cycle du carbone pour démontrer l’effet de la déforestation sur l’équilibre de ce cycle. Pour en savoir plus sur le cycle du carbone, consulte la fiche Le cycle du carbone.
Plusieurs activités économiques se déroulent sur le territoire de l’Amazonie brésilienne.
L’exploitation forestière
L’industrie forestière joue un rôle important dans l’économie du Brésil. Il y a plusieurs étapes dans cette industrie. Ces étapes vont de la coupe de bois jusqu’à la commercialisation des produits transformés du bois.
Le gouvernement brésilien encadre la coupe de bois sur les terres publiques et privées. Autant sur les terres publiques que sur les terres privées, des critères sont imposés aux entreprises pour la récolte du bois, comme un diamètre minimal et une quantité maximale d’arbres par année.

L’exploitation forestière est règlementée par le gouvernement brésilien.

Les billots de bois sont amenés par camion ou par bateau de la forêt jusqu’aux scieries. Pour s’assurer que le bois transporté a été coupé légalement, chaque cargaison de bois est accompagnée d’un document qui mentionne d’où arrive le bois et où il s’en va.

Les billots de bois sont transformés dans les différentes usines en bois d’œuvre et les retailles sont utilisées entre autres pour faire du charbon de bois.
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Une scierie est une usine où les billots de bois sont coupés et usinés.
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Le bois d’œuvre fait référence au bois utilisé pour la construction, comme des madriers et des poutres.

Une partie du bois d’œuvre est transformé en produits comme des meubles, des planchers, des cadres de fenêtres, etc.

L’autre partie du bois d’œuvre et les autres produits du bois sont vendus au Brésil, mais également un peu partout dans le monde.
L’agriculture et l’élevage
Avec l’exploitation forestière, ce sont deux activités économiques importantes pour le Brésil. Une partie des terres agricoles du pays se trouve en Amazonie.
Ces activités sont importantes puisqu’une grande partie des produits sont exportés. En 2013, le Brésil était le plus grand exportateur de soja et de viande bovine au monde[2].
Ces activités sont également importantes puisqu’elles emploient un grand nombre de personnes dans le pays.
Le terme bovin fait référence aux bœufs.

Des parties de la forêt amazonienne sont coupées pour pratiquer l’agriculture.
Source : Frontpage, Shutterstock.com

Des parties de la forêt amazonienne sont coupées pour installer des troupeaux de bovins pour l’industrie de la viande.
Source : PARALAXIS, Shutterstock.com
L’exploitation minière
Cette activité économique prend aussi une part importante dans l’économie brésilienne. Plusieurs minerais se trouvent dans le sous-sol de la forêt amazonienne, dont plusieurs gisements d’or.
Le récréotourisme
Le tourisme est de plus en plus présent dans la forêt amazonienne puisqu’elle est plus accessible qu’avant. Cette activité économique est importante pour les villes et les villages en Amazonie puisque des emplois sont créés en lien avec ce tourisme.
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Observation de la faune et de la flore
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Excursions sur le fleuve Amazone
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Visite de la ville de Manaus
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Exploration de la forêt inondée, l’Igapó
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Rencontre de peuples autochtones de l’Amazonie
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La faune fait référence aux espèces animales vivant sur un territoire donné.
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La flore fait référence aux espèces végétales présentes sur un territoire donné.
L’écotourisme est une forme de tourisme de plus en plus présente en Amazonie. Le but est que le tourisme soit fait en harmonie avec la faune, la flore et les habitants d’un territoire.
La production d’hydroélectricité
En 2020, 63,4 % de l’électricité du Brésil provenait de l’hydroélectricité[3]. La majorité des barrages et des centrales se trouvent en Amazonie où il y a plusieurs cours d’eau exploitables.
L’activité industrielle
La métropole de Manaus se trouve sur le territoire de l’Amazonie brésilienne. Au départ, cette ville était liée à l’industrie du bois. Toutefois, avec les années, plusieurs autres industries comme l’électronique s’y développent.
La forêt amazonienne brésilienne est un lieu de vie traditionnel pour plusieurs peuples autochtones. Environ 100 groupes autochtones y vivent[4].
La forêt amazonienne est également un endroit où plusieurs espèces vivantes peuvent être observées et étudiées.

Source : Yanomami Mom & Baby [Photographie], Valadi, S., 26 mars 2015, Wikimedia commons, (URL). CC BY 2.0[5].
Ce peuple vit dans le nord de la forêt amazonienne entre le Venezuela et le Brésil. La réserve dans laquelle ce peuple habite est la plus grande réserve autochtone au Brésil. Toutefois, ce peuple semi-nomade est menacé par les chercheurs d’or qui envahissent leur territoire, même si cela est illégal. Ceux-ci apportent avec eux des maladies contre lesquelles le peuple Yanomami n’est pas immunisé, ce qui peut causer la mort de plusieurs d’entre eux. De plus, les chercheurs d’or clandestins polluent le territoire avec les produits utilisés afin d’extraire l’or.
Plusieurs groupes de personnes se trouvent sur le territoire de l’Amazonie. Chaque groupe a son rôle à jouer. Leur coexistence, c’est-à-dire le partage du territoire entre ces groupes, n’est pas toujours facile. Il s’agit d’un enjeu de ce territoire forestier.
Acteur | Rôle |
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Le gouvernement brésilien | Il règlemente l’exploitation du territoire. |
Les peuples autochtones | Ils défendent leur territoire et leur mode de vie. |
Les entreprises d’exploitation forestière | Elles récoltent le bois dans les forêts. |
Les entreprises de transformation du bois | Elles transforment les billots de bois en bois d’œuvre. |
Les petits exploitants agricoles | Ils pratiquent une agriculture extensive. Plusieurs vendent leurs terres agricoles à de plus grandes entreprises agricoles. |
Les grands exploitants agricoles | Ils pratiquent une agriculture intensive. Plusieurs d’entre eux élèvent aussi des bovins. |
Les groupes environnementalistes | Ils défendent le territoire et ses ressources naturelles. Leur but est de mener à un développement durable du territoire. |
Les exploitants miniers | Ils exploitent les minerais présents dans le sous-sol de la forêt amazonienne. |
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L’agriculture extensive est un type d’agriculture dont les rendements sont peu élevés, puisque son but n’est pas l’atteinte d’une productivité maximale.
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L’agriculture intensive est un type d’agriculture qui cherche à maximiser la production de nourriture grâce à la mécanisation et à l’utilisation d’engrais et de pesticides.
Des aménagements ont été réalisés dans le but d’exploiter le bois de la forêt amazonienne. Voici des exemples d’aménagements :
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des routes pour transporter le bois, dont la route Transamazonienne,
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des usines pour transformer le bois,
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des villages pour que les travailleurs forestiers soient près des zones d’exploitation forestière.

Source des données : Imazon, 2010[6], Gilson da Costa Silva, Augusto Pereira Lima, Sales da Conceiçao, 2018[7].
Cette route traverse l’Amazonie brésilienne. Sa construction a commencé en 1970 et se poursuit encore aujourd’hui. Le but de cette route est de faciliter l’accès à cette région pour la développer et pour que les habitants soient moins isolés. Sa construction a également des effets négatifs. Les gens qui s’installent en Amazonie défrichent des terres pour pouvoir les cultiver. Cette pratique accélère la déforestation de certains secteurs de la forêt amazonienne.

Source : Tarcisio Schnaider, Shutterstock.com
Plusieurs activités doivent coexister sur le territoire de la forêt amazonienne. Étant donné que la déforestation est une menace très présente pour cette forêt, appliquer les principes du développement durable est encore plus important pour ces activités.
Le développement durable est un concept qui vise un développement fait dans le respect de l’environnement, de la population et de l’économie pour ne pas nuire aux besoins des générations futures.
Les activités économiques qui causent le plus de tort à la forêt amazonienne et aux populations autochtones qui y vivent sont :
De manière générale, les règlementations entourant l’industrie forestière brésilienne visent une exploitation forestière durable qui protège l’avenir de la forêt ainsi que les populations autochtones qui y vivent.

Il y a toutefois plusieurs entreprises qui font de la coupe illégale de bois. Cela n’assure pas un développement durable de la forêt puisqu’il y a une coupe excessive d’arbres.

La coupe excessive d’arbres entraine des conséquences comme :
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l’érosion des sols qui ne sont plus protégés par la végétation,
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la diminution de la biodiversité,
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le déplacement de peuples autochtones qui habitaient sur le territoire.

Des solutions peuvent être mises en place afin de régler le problème de coupe illégale et les conséquences que ce problème entraine :
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des inspections fréquentes de la provenance des chargements de bois pour s’assurer qu’il provient d’un lieu de coupe légal;
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de plus grandes zones protégées réservées aux nations autochtones.

Le marché illégal du bois se développe en raison de la demande de certains types de bois à travers le monde. Puisque ces essences de bois sont en demande, elles sont vendues cher. Cela en fait un marché très payant. Cette coupe illégale du bois accélère la déforestation en Amazonie.
Pour en savoir plus, consulte les articles suivants :
L’agriculture est l’activité qui cause le plus de déforestation en Amazonie. La culture des sols et l’élevage demandent de grands espaces. De grandes superficies sont alors rasées illégalement, souvent en les brulant afin de rendre les terres plus fertiles. Puisque c’est une culture intensive qui est majoritairement pratiquée en Amazonie, les sols s’épuisent vite et leur rendement diminue rapidement. Cela amène la coupe d’arbres sur de nouvelles surfaces, ce qui accélère la déforestation.

Les forêts sont brulées pour faire des terres agricoles. En les brulant, les terres deviennent plus fertiles.
Source : PARALAXIS, Shutterstock.com
L’agriculture intensive (culture intensive) est un type d’agriculture qui cherche à maximiser la production de nourriture grâce à la mécanisation et à l’utilisation d’engrais et de pesticides.
La déforestation due aux activités agricoles entraine différentes conséquences.

Les sols des territoires déboisés sont plus à risque de s’éroder par la pluie et le vent.
Source : Young Swee Ming, Shutterstock.com

La forêt est un habitat pour plusieurs espèces. Avec la déforestation, ces animaux perdent leur lieu de vie, ce qui peut mettre certaines espèces en danger.
Source : Marcio isensee, Shutterstock.com

L’agriculture intensive épuise rapidement les nutriments présents dans les sols. Les agriculteurs brulent alors de plus grandes surfaces forestières pour les convertir en terres agricoles.
Source : PARALAXIS, Shutterstock.com
Pour diminuer la déforestation causée par les activités agricoles, certaines solutions peuvent être mises en place, comme :
- Développer des techniques agricoles plus efficaces qui épuisent moins les sols. Ainsi, il n’est plus nécessaire d’aller chercher de nouvelles terres agricoles.
- Augmenter la surveillance afin de repérer les terres brulées ou coupées illégalement.
Pour pratiquer leurs activités, les industries minières doivent creuser les mines. Pour cela, il faut d’abord que les arbres du territoire soient coupés. Ces mines couvrent de grandes superficies, ce qui ajoute au phénomène de déforestation causé par le secteur agricole.
De plus, l’installation de mines demande la construction de différents aménagements comme des usines et des barrages hydroélectriques pour faire fonctionner les installations des mines. Les barrages hydroélectriques inondent également de grandes parties de la forêt, ce qui contribue aussi à la déforestation et au déplacement de populations autochtones.

Avec la construction du barrage et de la centrale Belo Monte, le tracé de la Xingu River a été considérablement modifié. Cela a entrainé l’inondation d’une grande surface de la forêt amazonienne.
Source : Adapté de Joshua Stevens, NASA Earth Observatory
Tout comme la coupe illégale et l’agriculture, l’exploitation minière entraine des conséquences comme :
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la diminution de la biodiversité,
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la pollution de l’eau et de l’air en raison, entre autres, des machineries,
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le déplacement de peuples autochtones qui habitaient sur le territoire.
Pour diminuer les impacts de l’exploitation minière sur la forêt et sur les populations autochtones, différentes solutions peuvent être mises en place.
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Le gouvernement peut mettre en place des zones protégées qui ne pourraient pas être exploitées même si des minerais s’y trouvent.
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Le gouvernement peut obliger les entreprises minières à nettoyer le site et à le reboiser lorsque la mine n’est plus exploitée.
Pour avoir accès au reste du module, tu peux consulter les fiches suivantes.
1. World Wide Fund For Nature. (s.d.). Amazonie. https://www.wwf.fr/espaces-prioritaires/amazonie
2. Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire. (2015, 20 octobre). Brésil. Gouvernement français. https://agriculture.gouv.fr/bresil
3. GlobalData Energy. (2021, 9 septembre). Hydropower will continue to dominate electricity generation in Brazil until 2030. Power technology. https://www.power-technology.com/comment/hydropower-dominate-brazil-2030/
4. Survival International. (2021, 24 juillet). Les Autochtones du Brésil. https://www.survivalinternational.fr/peuples/bresil
5. Valadi, S. (2015, 26 mars). Yanomami Mom & Baby [Photographie]. Wikimedia commons. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Yanomami_Mom_%26_Baby_ (16748243030) .jpg
6. Imazon. (2010, 9 juin). A atividade madeireira na Amazônia brasileira: produçao, receita et mercados. https://imazon.org.br/a-atividade-madeireira-na-amazonia-brasileira-producao-receita-e-mercados/
7. Gilson da Costa Silva, R., Aujusto Pereira Lima, L. et Sales da Conceiçao, F. (2018). Territoires en conflit en Amazonie brésilienne: riverains et paysans contre l’hydroélectricité et l'agroalimentaire. Confins, 36. https://doi.org/10.4000/confins.13980