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Ce ne sont pas toutes les villes du monde qui sont soumises à des risques naturels. Dans celles qui sont soumises à ces risques, on retrouve plusieurs niveaux de risque. Trois facteurs peuvent expliquer qu’une ville soit plus à risque qu’une autre :
Un risque naturel représente un danger lié à un phénomène naturel. Consulte la vidéo Phénomène naturel, risque naturel ou catastrophe naturelle pour mieux comprendre la différence entre ces deux concepts.
Toutes les villes ne sont pas soumises aux mêmes risques naturels puisque les phénomènes naturels ne sont pas présents partout sur la planète. Par exemple, les séismes se produisent la majorité du temps le long des plaques tectoniques et les volcans se retrouvent presque tous dans la ceinture de feu. Par conséquent, une ville qui n’est pas dans la ceinture de feu et qui n’est pas proche d’une frontière de plaques tectoniques ne sera pas soumise à des risques de tremblement de terre ou d’éruption volcanique.
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Un phénomène naturel est un évènement qui se produit dans la nature sans aucune intervention humaine. Il peut s’agir d’un séisme, d’un ouragan, d’une aurore boréale, etc.
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Les plaques tectoniques sont des morceaux de la croute terrestre qui peuvent s’éloigner, se frotter ou entrer en collision les uns avec les autres. C’est sur les plaques tectoniques que reposent les continents et les océans.

Tokyo est une ville qui est soumise à plusieurs risques naturels à cause de sa localisation.
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Elle se situe près d’une frontière de plaque tectonique, donc elle risque d’être touchée par des tremblements de terre.
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Elle se situe à une centaine de kilomètres du mont Fuji, qui est un volcan explosif.
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Elle se situe dans la trajectoire des typhons.
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Elle se situe dans une zone où le risque de tsunami est élevé.
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Elle se situe dans une zone où le risque d’inondation est élevé.
Québec est une ville qui est soumise à très peu de risques naturels à cause de sa localisation.
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Elle se situe dans une zone où il y a un risque de séisme, mais comme la ville n’est pas près des limites tectoniques, ce risque est faible.
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Elle se situe dans une zone de climat continental avec des hivers très froids, donc elle risque d’être touchée par des tempêtes de neige et de verglas.
Ainsi, comme la localisation de la ville de Tokyo et celle de la ville de Québec sont différentes, les deux villes ne sont pas soumises aux mêmes risques naturels.
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Un séisme, aussi appelé un tremblement de terre, est une secousse plus ou moins violente de la croute terrestre provoquée par le mouvement des plaques tectoniques.
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Un cyclone est une tempête violente qui prend naissance dans les océans près de l’équateur. Selon l’endroit où il se forme, il peut aussi prendre le nom de typhon ou d’ouragan.
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Un tsunami est une suite d’énormes vagues déclenchées dans l’océan qui peuvent causer des dommages très importants aux lieux habités situés sur les côtes.
Comment expliquer qu’autant de villes se soient construites et développées dans des régions où il y a de nombreux risques naturels? Même si ces régions connaissent beaucoup d’instabilité, elles présentent tout de même plusieurs avantages.
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Les zones côtières facilitent le transport maritime, les échanges commerciaux.
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Les terres autour d’un volcan sont extrêmement fertiles.
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Les endroits où les risques d’ouragans, de typhons ou de cyclones sont plus élevés sont aussi des endroits où les températures et le climat sont plus doux.
Le terme instabilité représente l’imprévisibilité et le danger liés aux phénomènes naturels.
Certaines villes sont plus à risque que d’autres à cause de leur densité de population. En effet, dans une ville avec une forte densité de population, les dommages risquent d’être beaucoup plus importants, puisque la concentration de population est plus grande. Plus d’infrastructures et de personnes peuvent donc être affectées.
La densité de population correspond au nombre moyen d’individus qui habitent sur une surface donnée. Elle mesure le nombre d’habitants par kilomètre carré (habitants/km2).
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Plus une densité est faible, moins il y a de personnes qui habitent sur une surface donnée. | Plus une densité est forte, plus il y a de personnes qui habitent sur une surface donnée. |

Plus un pays a une forte densité de population, plus les villes sur son territoire risquent aussi d’avoir une forte densité de population.
Source des données : Department of Economic and Social Affairs, 2019[1].
On prend l’exemple de deux villes, soit Anchorage, en Alaska, aux États-Unis (Amérique du Nord) et Manille, aux Philippines (Asie).
Anchorage | Manille |
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57 habitants/km2 | 46 846 habitants/km2 |
Source : Cubit Planning Inc., (2022)2 |
Source : Salita, Domingo C. (s.d.)3 |
Même si ces deux villes ne se trouvent pas au même endroit sur la planète, elles sont soumises à des risques naturels semblables, comme des éruptions volcaniques, des séismes, des tsunamis et des inondations. Ainsi, comme la densité de population d’Anchorage et de Manille est différente, si les deux villes sont frappées par un séisme de magnitude 7, les dommages seront différents eux aussi. Étant donné que Manille a une densité beaucoup plus forte, les dommages seront pires.

Le niveau de développement des pays crée de grandes inégalités face aux risques naturels, puisqu’il affecte leur capacité à bien se protéger contre ceux-ci. Les pays en développement ont moins de ressources financières, matérielles et technologiques. Ils sont donc extrêmement vulnérables lors de catastrophes naturelles. Environ 90 % des victimes de catastrophes naturelles se trouvent dans des pays en développement[4].
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Une catastrophe naturelle est un phénomène naturel qui cause des dommages matériels (bâtiments, routes, etc.) et des victimes humaines (blessures, pertes de vie). Consulte la vidéo Phénomène naturel, risque naturel ou catastrophe naturelle pour mieux comprendre la différence entre ces deux concepts.
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Le produit intérieur brut (PIB) permet d’estimer la richesse d’un pays en calculant la valeur des biens et services produits dans ce pays durant une année.
Afin de bien comprendre l’impact du niveau de développement d’un pays sur le bilan des pertes humaines et des dommages matériels, on prend deux exemples : le séisme survenu à Haïti le 12 janvier 2010 et le séisme suivi du tsunami qui a frappé le Japon le 11 mars 2011.
Japon | Haïti |
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Pays développé | Pays en développement |
Tremblement de terre de magnitude 9,1 Tsunami avec des vagues qui ont atteint 16,7 m de hauteur |
Tremblement de terre de magnitude 7,3 |
15 899 décès, 6 000 blessés et 2 527 disparus[5] | 220 000 morts et 300 000 blessés[8] |
470 000 sans-abris[6] | 1,5 million de sans-abris[9] |
207 milliards de dollars en dommages[7] | 7,9 milliards de dollars en dommages[10] |
Dommages équivalents à 3,5 % du PIB du pays[7] | Dommages équivalents à 120 % du PIB du pays[10] |
Bien que le Japon ait été touché par un séisme de plus grande magnitude et par un tsunami par la suite, il y a tout de même eu moins de morts, de blessés et de personnes qui se sont retrouvées sans logement. Cela est dû au fait que le Japon est un pays développé. Il a donc plus de ressources pour prévenir les conséquences liées aux catastrophes naturelles. Un exemple de moyen de prévention mis en place au Japon est la construction parasismique. Grâce à ce type de construction, il y a eu peu de dommages causés par le séisme. La majorité des dommages sont des conséquences du tsunami qui a suivi.
Pour un pays en développement comme Haïti, les ressources financières et technologiques ne permettent pas de mettre en place des mesures préventives aussi efficaces.
On peut donc voir que le niveau de développement a un impact majeur sur les pertes humaines et les dommages matériels d’une ville ou d’un pays à la suite d’une catastrophe naturelle.
Une construction parasismique est un bâtiment qui est capable de résister aux tremblements de terre.
Pour avoir accès au reste du module, tu peux consulter les fiches suivantes.
- Department of Economic and Social Affairs. (2019). World Population Prospects 2019. United Nations. https://population.un.org/wpp/Publications/Files/WPP2019_DataBooklet.pdf
- Cubit Planning Inc. (2022) Is Anchorage the best Alaska city for your business?. Alaska Demographics. https://www.alaska-demographics.com/anchorage-demographics
- Salita, Domingo C. (2022, 5 janvier) Manila. Britannica. https://www.britannica.com/place/Manila
- Boisvert, C., Roy-Cadieux, F., Krysztofiak, V., Poulou-Gallet, C., Riendeau, J. et Ste-Marie, P. (2015). Espace Temps - 2e secondaire [cahier de savoirs et d’activités]. ERPI.
- La Presse. (2021, 7 mars). La catastrophe du 11 mars 2011 en chiffres. https://www.lapresse.ca/international/asie-et-oceanie/2021-03-07/japon/la-catastrophe-du-11-mars-2011-en-chiffres.php
- (s.a.). (s.d.). Séisme et tsunami au Japon. Croix-Rouge canadienne. https://www.croixrouge.ca/crc/documentsfr/japan-update-lo-res-fr.pdf
- La Presse. (2011, 24 juin). Séisme au Japon : plus de 200 milliards $ de dégâts. https://www.lapresse.ca/international/dossiers/seisme-au-japon/201106/24/01-4412226-seisme-au-japon-plus-de-200-milliards-de-degats.php
- (s.a). (2022). Séisme en Haïti : retour sur notre action. Oxfam International. https://www.oxfam.org/fr/seisme-en-haiti-retour-sur-notre-action
- La Presse. (2020, 12 janvier). Haïti commémore le séisme de 2010 dans l’amertume. https://www.lapresse.ca/international/caraibes/2020-01-12/haiti-commemore-le-seisme-de-2010-dans-l-amertume
- La Croix. (2010, 30 mars). Haïti: bilan du séisme. https://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Haiti-bilan-du-seisme-_NG_-2010-03-30-549215