La comparaison est une figure de style d’analogie qui consiste à rapprocher deux éléments à l’aide d’un terme comparatif. On peut retrouver cette figure de style dans différents types de textes.
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« On traine ensemble comme des bas dépareillés au fond d’un tiroir. »
— Ta mort à moi, p.16, David Goudreault[1] -
« Mon dos ressemble à une montagne sacrée,
courbée d’avoir aimé
tant de fois. »
— Bâtons à message/Tshissinuatshitakana, p.64, Joséphine Bacon[2] -
« Calme
Je dois me calmer
Ma mère me dit : Calme-toi
D’une voix douce plus douce que la pluie
Ma mère est plus douce que la pluie. »
— Peigner le feu, p.5, Jean-Christophe Réhel[3]
La comparaison est une figure d’analogie, car elle rapproche deux réalités. Elle comprend les éléments suivants :
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un comparé, qui est l’élément qu’on compare à un autre;
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un comparant, qui est l’élément qu’on lie au comparé;
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un terme comparatif, qui est le mot ou le groupe de mots qui lie le comparant au comparé;
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une caractéristique ou un comportement que partagent le comparé et le comparant.
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« Maman dis-moi pourquoi
Le bonheur entre mes mains
Comme la porcelaine se casse
C’est parce j’suis trop maladroit
Ou si c’est la vie qui m’aime plus? »
— Maman, Pierre Lapointe[4]
Dans cet extrait de chanson, on compare le bonheur à la porcelaine à l’aide du terme comparatif comme. La caractéristique qu’ils partagent est le fait qu’ils sont cassables. -
« La maison est semblable à un décor de théâtre qui risque de s’envoler au moindre souffle de vent. »
— Les ombres blanches, p.16, Dominique Fortier[5]
Dans cet extrait de roman, on compare La maison à un décor de théâtre qui risque de s’envoler au moindre souffle de vent à l’aide du terme comparatif semblable à. La caractéristique qui les unit est le fait qu’ils sont fragiles. -
« malhabile
je me heurte
à tous les cadres de porte
rentre dans le monde
telle une étoile
dans un carré »
— Kaléidoscope mon cœur, p.57, Kristina Gauthier-Landry[6]
Dans cet extrait de poème, la narratrice se compare à une étoile dans un carré à l’aide du terme comparatif telle. La caractéristique qui les unit est le fait qu’elles n’entrent pas dans un cadre.
Il existe plusieurs termes comparatifs, aussi appelés outils de comparaison, qui permettent de lier le comparé et le comparant.
comme, pareil à, semblable à, tel, tel que, de même que, avoir l’air de, faire l’effet de, ressembler à, autant… que, aussi… que, plus… que, moins… que…
La métaphore est également une figure d’analogie. Contrairement à la comparaison, la métaphore ne présente pas de terme comparatif pour unir le comparé et le comparant.
Comparaison |
Métaphore |
À ses yeux, ce souvenir était aussi précieux qu’un trésor. Dans cette comparaison, on compare ce souvenir à un trésor à l’aide du terme comparatif aussi… qu’. |
Ce souvenir était un trésor pour lui. Dans cette métaphore, on compare Ce souvenir à un trésor sans l’utilisation d’un terme comparatif. |
Une comparaison n’est pas toujours une figure de style, car elle n’a pas seulement un but stylistique. Elle peut aussi servir à expliquer un phénomène. Elle est alors considérée comme un procédé explicatif.
Comparaison ayant un effet stylistique |
Procédé explicatif |
Le grand-père dormait à poings fermés comme un ours en hiver. |
Le blaireau, tout comme l’ours, est un animal semi-hibernant. |
Pour en savoir plus sur le procédé explicatif de la comparaison, consulte la fiche Les procédés explicatifs.
La comparaison peut créer plusieurs effets (poétique, humoristique, fantastique…), car elle rapproche deux réalités différentes. Elle permet, entre autres, de mettre en évidence des caractéristiques d’un personnage, d’un lieu ou d’un objet, ou de rendre concret un élément abstrait comme une émotion ou une valeur.
Lorsqu’on interprète une comparaison, il faut tenter d’émettre une hypothèse sur son sens en se basant sur l’effet créé et le contexte de l’œuvre. Voici des exemples de questions d’interprétation à partir d’extraits de textes et des pistes de réponses possibles.
Dans l’extrait du roman Chimie 501, le personnage principal voit arriver un nouvel élève qui entre dans sa classe. Il se surprend à le trouver très beau. Selon toi, qu’est-ce que l’emploi de la comparaison permet de comprendre sur les émotions du personnage principal?
« J’écoute pas ce que dit la prof. J’ai même pas ouvert mon cahier. Je suis figé comme si mon corps avait été pris en otage par des extraterrestres qui s’amusent à me contrôler à distance, et qui rient de leur collègue qui a arrêté de me faire bouger, respirer, penser. »
— Chimie 501, p.12, Josée De Angelis[7]
Pistes de réponses possibles
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Ressemblance entre le personnage principal et un otage pris par des extraterrestres
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Perte de contrôle du personnage
Selon moi, la comparaison permet de comprendre que le personnage principal est inconfortable, car il a perdu le contrôle sur ce qu’il ressent. En effet, en se comparant à un corps pris en otage par des extraterrestres qui ne peut plus bouger, il démontre que, lors de cette situation, ses émotions ont pris le dessus. Le personnage principal voudrait rester indifférent à la présence du nouvel élève, mais quelque chose d’étrange fait en sorte qu’il ne réussit pas à contrôler la situation.
Dans cet extrait du roman Nikolski, le narrateur se trouve chez sa mère décédée pour faire le ménage de sa maison. Il veut tout vider rapidement pour se débarrasser de cette tâche qu’il n’a pas particulièrement envie de faire. Selon toi, quel est l’effet créé par l’emploi de la comparaison?
« Je ressemblais à un survivaliste, retranché dans le sous-sol d’un bungalow avec mes trente sacs de vidange, une solide provision de sandwichs au jambon, plusieurs litres de jus d’orange surgelé et le FM en sourdine. Je me donnais une semaine pour réduire à néant cinq décennies d’existence, cinq placards de babioles écrasées sous leur propre poids. »
— Nikolski, p.12, Nicolas Dickner[8]
Pistes de réponses possibles
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Ressemblance entre le narrateur et un survivaliste
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Autonomie et isolement du narrateur
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Niveau de détermination du narrateur
Selon moi, la comparaison permet de mieux imaginer le narrateur dans le sous-sol de chez sa mère. En effet, la comparaison avec un survivaliste permet de comprendre qu’il a apporté suffisamment de provisions pour y survivre pendant quelques jours de façon autonome. Ainsi, on met l’accent sur l’isolement du personnage qui se retranche chez sa mère et sur son niveau de détermination à réaliser sa tâche le plus rapidement possible.
Il existe d’autres figures d’analogie.
1. Goudreault, D. (2019). Ta mort à moi. Éditions Stanké.
2. Bacon, J. (2005). Bâtons à message/Tshissinuatshitakana. Éditions Mémoire d’encrier.
3. Beauchesne, S.-M. (2016). Cœur de slush. Éditions Hurtubise.
4. Lapointe, P. (2020). Maman. [Enregistrement sonore]. Chansons hivernales, Audiogram.
5. Fortier, D. (2022). Les ombres blanches. Éditions Alto.
6. Gauthier-Landry, K. (2022). Kaléidoscope mon cœur. Éditions du Boréal.
7. De Angelis, J. (2019). Chimie 501. Éditions du parc en face.
8. Dickner, N. (2007). Nikolski. Éditions Alto.